Les grands pouvoirs des bactéries

Lecture du moment. Les grands pouvoirs des bactéries – Rob Knight avec Brendan Buhler – ISBN: 978-2-501-111162-1  ¦¦ www.ted.com/books

« Chacun d’entre nous comptabilise environ 20 000 gènes humains contre 2 à 20 millions de gènes microbiens. Ce qui signifie, génétiquement parlant, que nous sommes à 99% constitués de gènes qui appartiennent à des microbes » P.14
« La plupart des microbes qui logent dans nos intestins sont beaucoup plus capricieux et nous ne savons pas encore comment les cultiver in vitro. La majorité des microbes appartiennent à deux grandes familles de bactéries: les FIRMICUTES et les BACTEROIDETES et jouent un rôle important dans la digestion des aliments et le métabolisme des médicaments. » P.27
Le microbiote intestinal est dominé par deux phyla bactériens, les Firmicutes et les Bacteroidetes, qui constituent près de 90 % de la population totale, les Firmicutes étant plus abondants que les Bacteroidetes (Qin et al., 2010). Les autres phyla bactériens présents dans l’intestin humain sont les Actinobacteria, les Proteobacteria, les Verrucomicrobia, les Fusobacteria, les Cyanobacteria, les Spyrochaetes.
BACTEROIDES = un des genres Gram les plus abondants dans le microbiote intestinal des mammifères. Au sein du genre Bacteroides, plusieurs espèces sont engagées dans des activités mutualistes avec l’hôte:

  • Production d’hydrolases qui digèrent les carbohydrates complexes assurant un apport nutritionnel à l’hôte
  • Maturation du système immunitaire
  • Protection contre l’inflammation dans des modèles de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

La famille des BACTEROIDETES regroupe trois grandes classes de bactéries Gram négatif opportunistes présentes en grande quantité dans le sol, l’eau ou encore les intestins des animaux. Il s’agit des Bacteroides du groupe FRAGILIS, des PREVOTELLA dont certaines espèces sont ou non pigmentées et des PORPHYROMONAS. Les trois variétés de Bacteroides sont des bacilles anaérobies présents dans plus de 50% des infections intestinales humaines. (http://sante-medecine.journaldesfemmes.com)
Les FIRMICUTES sont des bactéries Gram + et appartenant aux Clostridia du groupe XIVa et du groupe IV tel que par exemple Ruminococcus et Faecalibacterium

http://www.snfge.org – Microbiote et immunité intestinale


http://www.snfge.org – Microbiote et immunité intestinale

« Un bébé reçoit ses premiers microbes de sa mère au moment où il franchit le canal pelvi-génital. Et il est scientifiquement prouvé qu’avant la naissance, le microbiote de la mère se prépare pour le bébé. […] Les communautés microbiennes dans les intestins des femmes enceintes pourraient changer, de sorte que les mères puissent extraire le maximum d’énergie ou de nutriments fournis par les aliments pour ensuite les transmettre à leur bébé. » P.32
« C’est chez le nouveau-né que le microbiote (c’est-à-dire les microbes eux-mêmes, le microbiome faisant référence aux gènes des microbes) change le plus. […] Lorsque l’enfant, qui souffrait d’une otite, a pris des antibiotiques, son microbiote a totalement changé. Nous avons eu l’impression d’avoir à faire une autre personne, voire à une autre espèce. » P.39
« Les enfants, qui dès leur plus jeune âge, sont colonisés par diverses communautés microbiennes – les enfants qui vivent avec des animaux domestiques ou dans une ferme – souffrent moins de pathologies liées à une déficience immunitaire que les enfants qui vivent en ville. » P.42
« Le microbiote d’une personne et celui de son voisin sont aussi différents l’un de l’autre quand ils entrent à la maternelle que le jour où ils prennent leur retraite. P.43 »
« Notre alimentation peut modifier notre microbiote et nous permettre d’être plus minces et en meilleure santé. » P.53
« SOURIS AXENIQUE (MAIGRICHONNE) + DES BACTERIES PRELEVEES SUR UNE SOURIS OBESE = UNE SOURIS OBESE » P.52
« Selon une hypothèse connue sous le nom de théorie hygiéniste, vivre dans un monde aseptisé favoriserait le développement de troubles immunitaires dans la mesure ou un système immunitaire oisif, c’est-à-dire non mis à l’épreuve par les virus et les bactéries qui coévoluent à l’homme, devient difficile à contrôler. » P.54
« Le kwashiorkor […] Cette maladie est facilement reconnaissable au ventre proéminent très caractéristique chez les personnes qui souffrent de famine […] ce n’est pas une carence en protéines qui est à l’origine du kwashiorkor, mais que la maladie sommeille dans le microbiome, attendant d’être déclenchée par le manque de nourriture. » P.57 – P.59
« Les microbes qui vivent dans nos intestins n’interviennent pas simplement dans la digestion des aliments, l’absorption des médicaments ou encore la sécrétion de certaines hormones. Ils interagissent aussi avec notre système immunitaire et ont, de ce fait, une influence sur notre cerveau. L’ensemble de ces interactions est appelé AXE-CERVEAU-INTESTIN-MICROBIOTE. » P.61
« Des chercheurs ont découvert que les bactéries du genre OSCILLIBACTER produisent une substance chimique qui agit comme un tranquillisant naturel, imitant le neurotransmetteur GABA, réduisant l’activité nerveuse dans le cerveau et pouvant favoriser les risques de dépression » P.62
« Les PROBIOTIQUES sont des micro-organismes vivant qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité suffisante, ont un effet bénéfique sur la santé. » P.76
Les probiotiques les plus étudiés appartiennent aux genres : Bifidobacterium, Lactobacillus et Saccharomyces. L’usage des aliments fermentés, contenant des probiotiques existe depuis des millénaires sous formes de kéfir, koumis, leben, dahi, par exemple. Aujourd’hui, ils sont présents dans notre alimentation par les yaourts classiques, les laits fermentés dont le lait ribot, les croûtes de fromage, le bleu, les produits laitiers enrichis en probiotiques, la choucroute, les olives, la levure de bière (vivante ou revivifiable, séchée à froid,), certains dérivés de soja : shoyu et tamari (sauce soja) mais aussi miso, tempeh, le levain (pain au levain), la bière de garde, le kombucha (thé sucré fermenté).
La prise de probiotiques permet de rééquilibrer la flore et permet ainsi de (source: http://www.maison-diabete.info):

  • Protéger l’organisme des agressions (mauvaises bactéries, éléments toxiques, virus…)
  • Stimuler l’immunité
  • Participer à la digestion : absorption des nutriments
  • Prévenir la constipation, les ballonnements, et les flatulences
  • Soulager les diarrhées
  • Diminuer les taux de cholestérol et de triglycérides dans le sang

Les PREBIOTIQUES sont des fibres non assimilables par l’organisme mais digérées par la flore intestinale. Elles favorisent la croissance et la multiplication des colonies des probiotiques de la flore. Les plus connus sont les fructanes, polymères du fructose (sucre des fruits), parmi lesquels on trouve l’inuline. Ils sont présents dans plusieurs végétaux (oignons, ail, asperges, artichauts, bananes, certaines céréales…). Les fructo-oligosaccharides, les fibres solubles (carotte, courgette, courge,asperge, pomme de terre sans la peau, patate douce, orange, pamplemousse,pêche, nectarine, seigle, avoine, orge, sarrasin) et les céréales fermentées sont aussi des prébiotiques.

« La transplantation fécale, ou bactériothérapie fécale, est une thérapie en cours d’expérimentation. […] un volontaire, généralement un membre de la famille du patient, accepte que soit prélevées sur lui des matières fécales qui seront diluées avant d’être transférées chez le sujet malade. […] la transplantation fécale a le pouvoir de restaurer l’écosystème microbien intestinal » P.80
« […] il est fréquent d’administrer de faibles doses d’antibiotiques aux animaux de basse-cour et au bétail uniquement pour qu’ils prennent du poids, donc une valeur marchande. Vous avez là le pire des scénarios en matière de résistance aux antibiotiques. En effet, alors qu’une forte dose d’antibiotiques tue (presque) tout, uen faible dose favorise la mutation du génome d’un microbe pathogène, qui acquiert ainsi des gènes de résistance. En quelque sorte, lorsque nous prenons des antibiotiques à faible dose, nous fournissons au microbe pathogène tous les outils pour qu’il soit en mesure d’esquiver tous les moyens que nous employons pour le détruire. » P.89
« Les effets des antibiotiques sur le microbiote des enfants […], même sur une courte durée, modifient de manière significative la composition du microbiote intestinal des petits. Peut-être plus inquiétant encore, ils perturbent le mode de fonctionnement des bactéries du genre BIFIDOBACTERIUM. Or les bienfaits de cette bactérie chez les hommes sont prouvés, notamment dans le développement du système immunitaire dès le plus jeune âge. » P.91